Léon Denizart Hippolyte Rivail de son vrai nom, docteur en médecine, fut un cartésien convaincu. Issu d’une famille catholique de magistrats, il vit le jour à Lyon le 3 octobre 1804. Pour assurer sa subsistance, il donna des cours d’anatomie, de physique, de chimie et d’astronomie, sans oublier l’édition de ses ouvrages sur des sujets divers, tels que l’arithmétique et la grammaire française. Un jour de printemps de l’année 1854, il assista, par complaisance et par amitié, à une séance de table tournante organisée par M. Fortier, magnétiseur. Séance mondaine que l’on pratiquait régulièrement à cette époque. M. Rivail écrivit dans un de ses livres : « Quand on se met à étudier les sciences, la crédulité superstitieuse des ignorants fait rire et on ne peut plus croire aux fantômes ». Lui l’incrédule n’était pas convaincu par ces futilités qu’il regardait de haut.
Une année plus tard, il rencontra un certain M. Pâtier, qui lui parla des esprits d’une façon mesurée et modérée. Malgré son scepticisme, il commença à douter. Ce même homme le fit assister à une séance d’écriture automatique chez une de ses amies, Mme Plainemaison. Rivail raconta : « Ce fut là que, pour la première fois, je fus témoin du phénomène des tables tournantes, sautantes et courantes, et cela dans des conditions telles que le doute n’était pas possible ». Il se promit d’étudier et d’approfondir de manière objective ces prodiges et devint, dans le même temps, un assidu des séances spirites. Il observa, analysa, compara et déduisit.
Pourtant, un soir, une séance bouleversa sa destinée. Par l’intermédiaire de Mme Japhet, médium, un esprit dénommé Zéphir, lui affirma l’avoir connu dans une vie antérieure : « nous vivions ensemble dans les Gaules. Nous étions amis. Tu étais druide et tu t’appelais… Allan Kardec ». Et c’est sous ce nom d’Allan Kardec, poursuivit Zéphir, que tu devras « de nouveau guider les hommes sur le chemin du salut ». Dès lors, Rivail rebaptisé Allan Kardec, se retrouva sous l’emprise des esprits. Par l’intermédiaire de Zéphir, ils allaient lui dicter une œuvre monumentale de plus de cinq cents pages ayant pour titre : "Le livre des esprits". Œuvre philosophique, elle pose les bases de la doctrine spirite et explique le passé, le présent et le futur de l’être humain. Cet ouvrage eut un succès considérable. Férocement critiqué par l’église catholique, Allan Kardec se dressa contre les autodafés dont ses livres furent victimes en Espagne : « On peut brûler des livres, mais pas des idées ». Il faut savoir que Kardec donna beaucoup plus d’importance aux messages des esprits qu’aux phénomènes, aussi étranges furent-ils : « On peut se moquer des tables tournantes, mais on ne se moque pas de la philosophie, de la sagesse et de la charité si évidentes dans les communications sérieuses ». Un beau jour, les esprits révélèrent à Allan Kardec que sa vie terrestre allait prendre fin en 1869. Ce fut le cas...
Sur sa sépulture, on peut y lire une inscription :

« Naître, mourir, renaître encore
Et progresser toujours :
Telle est la loi. »
( AU PERE-LACHAISE )